site en construction 08 08 15

La tendresse.

Une oasis dans la cacophonie cynique ambiante.

Il a posé son sac à Nîmes, une ville sublime, capitale du Gard,

en plein pays parpaillot.

Et là, dans un bistrot de style, à la mode du midi, à l'ombre, en face des arènes, attablé, il gratte du papier avec son stylo

à bille noir.

Quelques heures par jour, tous les jours.

Il croque les habitués du troquet, les passants à pied ou en voitures, tous les petits évènements du quotidien qui passent à porté de son “Bic”.

On suppose qu'il se déplace aussi, vers les jardins de la fontaine.

Des croquis semblent l'attester.

Mais, peut-être que c'est une divagation de notre imagination.

A tender heart.

A safe haven from the ambiant cynical hubbub.

He dropped his bags in Nimes, a sublime city, capital of the Gard

region, in Protestant heartland.

And there, in a classy bistro, its style typical of southern France,

seated at a table in the shade, facing the Roman amphitheater,

he scratches on paper with his black ballpoint pen.

A few hours a day, every day.

He sketches the bistro regulars, passers-by on foot or in cars,

all the daily events that come within reach of his Bic pen.

It's possible to imagine he moves around on occasion,

over to clearspring park.

Some of his sketches seem to show that.

But maybe that's a wandering of our imagination.

Plus probablement, il doit, de mémoire, recréer les lieux qu'il

fréquente occasionnellement.

Aucune différence dans le graphisme.

Toujours paisible.

Malgré un fouillis invraisemblable de traits.

De hachures.

Pour ombrer, recréer une texture, feuillage, écorce d'arbre, pierre

calcaire des arènes, marbre des tables de bistrot, macadam…

Un dessin de la gare de Nîmes, un vieil homme, semble-t-il, sur le banc

d'un quai.

Voûté.

Un béret vissé sur la tête.

Il attend.

Un train ?

Un voyageur ?

Il rêve ?

Il est triste, gai ?

Le travail de l'ombre et de la lumière t'emmène en balade sur

la trace d'une vie anonyme.

D'un p' tit vieux qui fouille dans ses souvenirs.

Sur le quai d'une gare, la nuit.

La magie du dessin.

Que la main de cet artiste nous fait retrouver, enchantement de l'enfance.

Des dizaines, peut-être des centaines de carnets de croquis,

recueils de nos va-et-vient fugitifs.

Au large des modes.

À l'écart des snobismes.

Ce jeune créateur nous pose une question.

Unique.

Sur la qualité de notre regard sur ces parcelles d'existences au milieu desquelles nous essayons de vivre.

Avec le plus ordinaire des outils.

Un stylo à bille noir.

Avec le plus simple des supports.

Du papier à croquis.

Dans des gros carnets à spirales.

More likely, he simply recreates from memory the haunts he frequents

from time to time.

No difference in the graphics.

Always peaceful.

In spite of the incredible rush of lines.

Hashmarks.

For shading, reworking texture, leaves, tree bark, amphitheater limestone,

bistro marble table-tops, asphalt road . . .

A sketch of the Nimes train station, an old man, it would appear,

seated on a platform bench.

Hunched.

A beret screwed on his head.

Waiting.

For a train ?

For someone travelling ?

Dreaming ?

Is he happy, or sad ?

Working light and shade takes you on a trail, tracking the scent of a life

without any name.

Of a little old man shuffling through his memories.

On the platform of a train station, in the middle of night.

The magical impulse of drawing.

That the artist's hand lets us rediscover, childhood enchantment.

Dozens, possibly hundreds of sketch-pads filled with drawings,

like so many collections of our fleeting comings and goings.

Far from in-fashion trends.

Remote from snobbery.

This youthful creator questions us.

With just one question.

About the quality of the way we see those bits of existence in the midst of which we try to live our own existence.

With the most basic tools.

A black ballpoint pen.

With the simplest of materials.

Sketch-paper.

In thick spiral pads.

Jef Gaillot Ltd. © 1985